Dès 2017, Philippe savait que Macron changerait de Premier ministre à mi-mandat

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Pour Emmanuel Macron, remplacer son Premier ministre au bout de trois ans était nécessaire pour apporter « une respiration » au pays, ce dont il avait « parlé » à Édouard Philippe dès 2017, a confié le chef de l’État dans un livre qui paraît jeudi. « La durée de vie d’un Premier ministre n’est pas forcément celle du président », « je lui en avais parlé », explique Emmanuel Macron au journaliste du Figaro Arthur Berdah, dans son livre Emmanuel Macron – Vérités et légendes (éd. Perrin).

Édouard Philippe a donc quitté Matignon le 3 juillet, parce que, assure Emmanuel Macron, « c’est une forme de respiration dans la vie du pays au bout de trois années », « sans qu’il y ait aucun critère personnel ou de confiance qui rentre en jeu ». Dans cet entretien réalisé pour le livre en septembre 2020, le chef de l’État répond aussi à des questions plus personnelles, comme la difficulté pour un président de nouer des amitiés désintéressées.

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« Il faut être lucide, on a les amis qu’on avait avant », reconnaît-il. « La politique, ce n’est pas des moments où on (s’en) fait. En tout cas de manière sincère. Ce qui va avec l’amitié, c’est-à-dire le désintéressement, […] est faussé par la fonction. »

« Ceux qui ont les mots les plus forts ont généralement eu des actions très faibles »

Il répond aussi à ceux qui font de la surenchère sur le champ « régalien », en premier lieu la sécurité. « Ceux qui prétendent être “régaliens” sont les meilleurs alliés de leurs ennemis. Parce qu’ils exacerbent des tensions, ils ne s’attaquent pas au cœur du problème et ils rabattent une partie de la population vers la caricature qu’ils font des sujets », réplique-t-il. « Au fond, les gens pensent qu’être “régalien”, c’est être brutal avec une partie de la société. D’ailleurs, ceux qui ont les mots les plus forts ont généralement eu des actions très faibles. Moi, je crois à l’efficacité. Je n’ai jamais été dans l’hystérisation de ce sujet. »

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Revenant sur les Gilets jaunes, il voit toujours les Français comme « un peuple de jacqueries », « un pays monarchiste et régicide ». Il ajoute : « On aime avoir un chef – et maintenant, l’élire ! – pour pouvoir le tuer quand les choses vont mal ». Tant qu’il n’aura pas « réussi à recréer un cadre commun », estime-t-il, la crise « reviendra ».




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