Les choix culture du « Point » : suspense à l’espagnol et diva préférée d’Elton John

0
4

Avec La caza. Monteperdido, l’une meurt, l’autre pas

Dans le décor grandiose d’un petit village des Pyrénées espagnoles, deux fillettes, Lucia et Ana, disparaissent. Ana réapparaît cinq ans plus tard, sans que quiconque comprenne qui l’a tenue si longtemps captive. Enfin, pourquoi Lucia, elle, ne revient pas ? Cette série, adaptée d’un roman d’Agustin Martinez est hautement addictive. À chaque épisode, comme le duo d’enquêteurs madrilènes que cette affaire va passablement ébranler, vous soupçonnerez alternativement le frère, le père, le curé, le voisin, tout le village enfin, sans jamais trouver la clé de l’énigme qui ne vous sera révélée que durant la seconde moitié du huitième épisode. Courage…

La caza. Monteperdido, d’Agustin Martinez et Luis Moya, 8 épisodes de 70 minutes, en exclusivité sur Polar+.

À LIRE AUSSIl’Espagne le nouvel eldorado des séries

Avec Toumani Diabaté, la kora joue avec l’orchestre, et on n’en revient pas

En 2018, Toumani Diabaté a fait le rêve de faire se rencontrer son instrument à cordes avec la musique classique. Le griot malien virtuose de la kora est habitué aux collaborations inattendues (il a déjà travaillé avec Taj Mahal, Björk, Damon Albarn…) et c’est aujourd’hui avec l’orchestre symphonique de Londres qu’il donne une dimension universelle à ses chansons puisées dans des traditions mandingues ancestrales. Pour la première fois, la kora prend sa place de soliste dans des orchestrations occidentales classiques. Le résultat est incroyablement apaisant, doux et contemplatif. « Il y a un côté mystique et classique à la musique mandingue, une divinité. Ce n’est pas seulement une question de danse, et les gens doivent le savoir », explique Diabaté, influencé par Beethoven, Bach, Mozart, Max Richter et Nico Muhly.

Kôrôlén (sortie le 23 avril chez World Circuit)

Avec le roi des Mapuche, on fonce en Patagonie (et un peu sur la Lune)

L’histoire d’Antoine de Tounens (1825-1878) est vraiment étonnante. Cet ancien clerc de notaire périgourdin prétend, en effet, avoir été désigné comme souverain par le peuple mapuche. Si l’on en croit les archives chiliennes, ce Français conduisit bien, de 1860 à 1862, la révolte de ces Indiens contre l’armée de Santiago descendue prendre possession de leurs terres. Il y a tout juste quarante ans, Jean Raspail avait consacré un roman épique au personnage : Moi, Antoine de Tounens, roi de Patagonie. Une BD revient aujourd’hui sur cette incroyable épopée en forme de western austral. Désireux de s’affranchir de la stricte réalité historique pour pouvoir extraire de ce récit tout son sel tragicomique, le scénariste Christophe Dabitch et le dessinateur Nicolas Dumontheuil ont renommé leur protagoniste : Tounens est devenu Lunens. Et c’est heureux, car ce héros don-quichottesque a beau avoir vraiment existé, il présente une personnalité si lunaire qu’on jurerait que ses aventures ne sont que de fictions.Roi des Mapuche (tome I : La Traversée des vastes Pampas), de Christophe Dabitch et Nicolas Dumontheuil, éditions Futuropolis, 88 pages, 17 euros.

Avec Charlotte Cardin, on est (pour une fois) du même avis qu’Elton John

Dans son premier album, la Montréalaise de 26 ans découverte dans La Voix (version canadienne de The Voice) chante la vengeance, les mauvaises décisions, la tristesse, la résilience… Elle y renaît de ses cendres, comme le « phœnix », titre de cet album qui mélange les ballades vaporeuses avec des montées en puissance (« Anyone Who Loves Me », « Phoenix »), les morceaux plus dance (« Passive Aggressive », « Meaningless »), les mélodies sautillantes (« Daddy ») et les sonorités plus r & b (« Sad Girl »)… Aujourd’hui applaudie par la pop star Dua Lipa et Sir Elton John en personne, elle raconte avoir eu de mal à se libérer de ce qu’on attendait d’elle et du regard des autres (d’autant plus pressant pour un ancien mannequin comme elle), mais c’est en lâchant le contrôle qu’elle a fini cet opus après 3 ans de travail. Un disque doudou.

Phoenix (sortie le 23 avril chez Parlophone)

Avec Aimee Bender, l’une est folle… l’autre aussi ?

Tout commence par un coup de fil. Elaine appelle sa sœur pour qu’elle vienne chercher sa petite fille, Frankie, huit ans, et l’emmener loin d’elle. La raison ? « Je ne peux pas être avec elle. Il y a quelque chose en elle. Elle est habitée par une bestiole. » Frankie n’aura de cesse de revenir à ce souvenir traumatique, point d’orgue de la folie de sa mère. Mais au fil des années, un doute la torture : serait-elle habitée du même mal ? On devait déjà à la romancière américaine Aimee Bender La Singulière Tristesse du gâteau au citron, où une petite fille se découvrait l’étrange pouvoir de ressentir les émotions de celui ayant préparé les plats qu’elle goûtait… Dans Un papillon, un scarabée, une rose, qui a figuré plusieurs semaines dans la liste des best-sellers du New York Times, elle confirme l’infinie délicatesse de son regard. Un monde poétique, tragique et lumineux, où non seulement les objets ont une âme, mais ne sont pas loin de vous posséder…

Un papillon, un scarabée, une rose, Aimee Bender, traduit de l’anglais (États-Unis) par Céline Leroy, 22,50 euros.



Source link

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here