Pourquoi Jean de France déclare la guerre à la Fondation Saint-Louis

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C’est la version française de The Crown, avec à la tête le prince Jean, prétendant orléaniste à la couronne de France, 55 ans, qui a décidé de partir en guerre pour imposer sa loi sur les biens de la famille. L’héritier de la famille d’Orléans vient en effet d’entamer une procédure très médiatique contre la Fondation Saint-Louis, créée en 1974 par son grand-père, qui gère l’ensemble du patrimoine de la famille, notamment le château d’Amboise, la chapelle royale de Dreux, ainsi qu’un immeuble rue de Miromesnil, à Paris.

La raison ? L’actuel comte de Paris estime que la fondation fonctionne mal, qu’elle n’a pas rempli sa mission, à savoir l’entretien et la mise en valeur du patrimoine, et qu’il est temps de reprendre directement en main les biens de la dynastie en devenant un « président effectif » et non « un président d’honneur » – il souhaite également créer un grand musée capétien digne de ce nom.

A donc été lancée une procédure judiciaire afin de prouver que « la fondation n’a justement pas rempli l’objet social pour lequel elle avait été instituée », explique son avocat dans les colonnes du magazine Point de vue. « Et, par voie de conséquence, ordonner la restitution de tous les biens qui lui avaient été confiés », poursuit maître Trémolet de Villers, ce qui impliquerait la création d’une nouvelle structure que les Orléans géreraient de près. Le comte de Paris souhaite également la condamnation de certains dirigeants de l’institution et le paiement d’un million d’euros de dommages et intérêts, qui seraient réinvestis dans des projets.

Espionnage et vexations

À l’origine de cette croisade, une mésentente flagrante entre le prince et la fondation, qui n’a fait que s’amplifier quand Jean de France vivait avec sa famille sur le domaine de Dreux. Le comte de Paris a peu à peu pris ombrage d’une série de mesures imposées par le conseil d’administration de la fondation, gestionnaire du domaine ouvert au public, un règlement précis très mal vécu par le prince, qui évoque des « vexations », un « espionnage » et des « observations désobligeantes » qui l’ont poussé à déménager pour s’installer près de Carcassonne. Un conflit et un départ largement médiatisés, suivis aujourd’hui d’une véritable déclaration de guerre…

Mais tous les membres des Orléans ne partagent pas l’avis du chef de famille. Ainsi, dans Point de vue, le prince Jacques, aîné des fils survivants du grand-père de l’actuel comte de Paris, estime que Jean de France outrepasse son pouvoir. « La Fondation Saint-Louis est fidèle à la mission que lui a assignée mon père, estime le duc. Je ne vois pas quels sont les droits sur lesquels Jean s’appuie pour réclamer la présidence effective de la fondation, et pour mettre en cause son action. » Selon lui, Jean aurait dû faire preuve de plus de souplesse quand il vivait sur le domaine de Dreux : « Maintenant, Jean doit régler ses problèmes lui-même, correctement, avec diplomatie, et surtout ne pas abuser d’un pouvoir hypothétique. Nous sommes en république, il ne faut pas l’oublier. »

D’autant que, selon Point de vue, la fondation n’a pas démérité en investissant près de 16 millions d’euros en vingt ans pour restaurer et entretenir Amboise et la chapelle royale de Dreux. Le magazine rappelle que, si la justice décide de dissoudre la fondation, un vrai sac de nœuds familial est à craindre en raison d’une dispersion possible des parts entre de multiples héritiers. Bref, en souhaitant redynamiser le patrimoine dynastique, Jean de France risque d’ouvrir la boîte de Pandore…



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