Covid-19 : Costa Croisières dans le viseur de la justice

0
49

En mars 2020, lors des débuts de la pandémie de coronavirus, des milliers de passagers en pleine croisière avaient été refoulés des ports caribéens. Trois d’entre eux avaient perdu la vie par la suite. Une information judiciaire a été ouverte vendredi 19 février après les plaintes de centaines de ces croisiéristes. Confiée à des juges d’instruction du tribunal de Paris, cette enquête s’intéresse aux chefs de « tromperie aggravée », « blessures et homicides involontaires », « non-assistance à personne en péril » et « mise en danger de la vie d’autrui ».

Dans ces plaintes, dont celles des familles de trois passagers décédés du coronavirus selon leur avocat, la compagnie se voit reprocher sa gestion de la crise sur ce bateau où plusieurs cas s’étaient déclarés. Du 6 au 13 mars, dans une boucle au départ de la Guadeloupe, le Costa Magica et ses 2 303 passagers s’étaient vu refuser d’accoster dans la plupart des îles visitées – Trinidad et Tobago, Grenade, La Barbade, Sainte-Lucie – en raison de la pandémie. Faute d’escale, l’équipage avait encouragé les passagers à se reporter sur les activités à bord (magasins, spa, restaurants, casino) sans respect suffisant des règles sanitaires et sans les informer des soupçons de contaminations à bord, selon les plaignants.

À LIRE AUSSIEXCLUSIF. Coronavirus : une croisière en enfer

Lors de la révélation des plaintes, la compagnie avait répondu s’être « rigoureusement conformée aux dispositions en vigueur » de l’époque, aux débuts de la pandémie. « Considérant qu’à cette époque la situation évoluait rapidement, l’équipe médicale du navire a agi sur la base des informations scientifiques disponibles et dans le respect absolu des consignes des autorités sanitaires et en coordination permanente avec elles », avait plaidé Costa Croisières dans un communiqué.

L’accostage du navire avait déjà été refusé la semaine précédente

Les membres du personnel à bord « ont été défaillants, les passagers n’avaient quasiment plus aucune information à bord et n’ont su que par la presse locale qu’il y avait des cas sur le navire », avait dénoncé cet été leur avocat Me Philippe Courtois, qui affirme représenter quelque 850 passagers français. « L’ensemble des victimes veulent savoir comment cette croisière a pu être maintenue alors que le navire avait déjà été refusé dans plusieurs ports la semaine précédente », ajoute-t-il, fustigeant les moyens « extrêmement légers » mis en place selon lui par la compagnie : prises de température très aléatoires, gel hydroalcoolique en quantité insuffisante, etc.

Costa Croisières avait brièvement repris en septembre les croisières après cinq mois d’interruption, avant de les suspendre de nouveau.




Source link

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here